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21. Ott. 1821.

[1962,1]  Un des grands avantages des dialectes germaniques en poésie, c'est la variété et la beauté de leurs épithètes. L'allemand sous ce rapport aussi, peut se comparer au grec; l'on sent dans un seul 1963 mot plusieurs images, comme, dans la note fondamentale d'un accord, on entend les autres sons dont il est composé, ou comme de certains couleurs réveillent en nous la sensation de celles qui en dépendent. L'on ne dit en français que ce qu'on veut dire, et l'on ne voit point errer autour des paroles ces nuages à mille formes, qui entourent la poésie des langues du nord, et réveillent une foule de souvenirs. A la liberté de former une seule épithète de deux ou trois, se joint celle d'animer le langage en faisant avec les verbes des noms: (proprietà egualmente del greco, dell'italiano, e dello spagnuolo) le vivre, le vouloir, le sentir, sont des expressions moins abstraites que la vie, la volonté, le sentiment; et tout ce qui tend à changer la pensée en action donne toujour plus de mouvement au style. La facilité de renverser à son gré la construction 1964 de la phrase (ho detto altrove [ pp.109-11] [ pp.950-52] [ pp.1226-28] che come le parole, così le frasi e costruzioni ec. possono esser termini, e che quella lingua che più abbonda di termini, {in pregiudizio delle parole,} suole per analogia esser matematica nella frase ec., e che la francese è tutta un gran termine) est aussi très favorable à la poésie, et permet d'exciter, par les moyens variés de la versification, des impressions analogues à celles de la peinture et de la musique (impressioni vaghe.) Enfin l'esprit général des dialectes teutoniques, c'est l'indépendance: les écrivains cherchent avant tout à transmettre ce qu'il sentent; ils diroient volontiers à la poésie comme Héloïse à son amant: S'il y a un mot plus vrai, plus tendre, plus profond encore pour exprimer ce que j'eprouve, c'est celui-là que je veux choisir. Le souvenir des convenances de société poursuit en France le talent 1965 jusque dans ses émotions les plus intimes; et la crainte du ridicule est l'épée de Damoclès, qu'aucune fête de l'imagination ne peut faire oublier. De l'Allemagne, tome 1. 2de part. ch. 9. vers la fin. (21. Ott. 1821.)